Obstinato

Le mouvement, corollaire de nos transformations
Qu’est-ce qui nous met en mouvement ? Qu’est-ce qui nous meut ? Ce qui nous meut est-il si éloigné de ce qui nous émeut ? Et inversement, de quoi le mouvement est-il le signe, la trace ? OBSTINATO questionne ce qui nous met en mouvement, et fait émerger un constat pour le moins paradoxal : ce qui nous met en mouvement est précisément fondé sur ce qui nous empêche de bouger.

Les obstacles de toute nature nous contraignent à nous déplacer et dans le même mouvement à nous dépasser. Le mouvement a donc pour conséquence de nous transformer, et cette transformation porte en elle la condition du déplacement suivant, de la transformation suivante.
Cela s’entend sur tous les plans : géographique, historique, social, culturel, autant que familial, professionnel ou intime.
Les frontières, celles qui nous séparent les un-e-s-des autres et qui sont la trace de notre histoire font écho à d’autres frontières, intérieures, plus secrètes qui nous séparent de nous-mêmes, peurs, refus, blessures, autocensures. De même, les passages nous transforment : ceux que l’on traverse comme des rituels, ceux qui marquent la séparation entre ce qui finit et ce qui va commencer, entre une place que l’on quitte pour une autre où l’on ne sait ce qu’on trouvera - et dont nous ne pouvons rien dire par avance, sinon que nous nous serons déplacé-e-s, d’une manière ou d’une autre.

Tout ce à quoi nous sommes confronté-e-s au cours de notre vie nous met en mouvement, et ce mouvement nous transforme. En cela le mouvement est l’incarnation sensible de la vie.

Le projet propose donc de considérer le mouvement comme une dialectique entre ce qui nous empêche et ce qui nous transforme, comme le risque du passage du connu à l’inconnu, du familier à l’étranger, et finalement comme la métaphore de la création artistique elle-même.
L’enjeu d’OBSTINATO est bien de partager cela : la nécessité d’un mouvement à réinventer sans cesse qui nous dégage de notre identité figée et déterminée afin d’éprouver notre singularité d’être humain, et donc notre humanité commune.

Un poème visuel et sonore au service du vivant
Création chorégraphique portée par Rachel Mateis, le projet associera également une création musicale et une création vidéo.
L’écriture chorégraphique a émergé d’un travail de recherche et d’exploration conduit durant de nombreux mois par Rachel Mateis avec les deux interprètes Sophie Mayeux et Sarah Gonçalves
De cette recherche essentiellement intuitive, c’est à dire de la nature même du mouvement, ont émergé progressivement les lignes de forces du projet OBSTINATO : deux solos simultanés soutenus par deux écritures ciselées, très différentiées évoquant deux étapes du cheminement.
L’un engage un mouvement traduisant des tiraillements, des contradictions, et des tentatives de dépassement, en proie à une prise de conscience déterminante.
L’autre, appliqué, marquant une volonté de se conformer à la norme, laisse peu à peu émerger des ambivalences.
Les deux solos s’influenceront l’un l’autre et évolueront progressivement vers une transformation du mouvement et une écriture commune.

La musique est fondamentale dans le parcours de la Cie, et OBSTINATO doit lui permettre de développer son travail de recherche entre danse et musique.
La musique fera l’objet d’une création originale, par un trio de jazz contemporain dirigé par Claude Tchamitchian, contrebassiste, accompagné de Régis Huby, violon et Guillaume Roy, alto, tous trois compositeurs et improvisateurs. L’improvisation sous-tend en effet la démarche musicale et fait fortement écho au propos même du spectacle, d’où sa nécessité.
L’improvisation est ouverture vers l’autre, bouleversement des codes, dialogue. Si elle incarne le risque d’un mouvement à chaque fois renouvelé, elle n’est pas pour autant le fruit du hasard ou de l’aléatoire. C’est une pratique, un chemin, des matières longuement brassées, malaxées, expérimentées, afin de pouvoir assumer la responsabilité de l’imprévu, du changement.

La création vidéo de Do Brunet sera traitée comme une matière essentiellement vibratoire. L’image aura pour objectif d’ouvrir l’espace ou d’en modifier la perception. Elle interviendra en résonnance, en soutien ou en contrepoint de la musique et des corps. Abstraite durant la majeure partie du spectacle, elle laissera très progressivement apparaitre ce qui se révèlera être des silhouettes.

Deux variations pour un spectacle
Deux versions du spectacle seront proposées afin de pouvoir s’adapter à des salles à géométrie et à budget variables :
Une version légère avec les 2 danseuses au plateau, la création vidéo, et la bande musicale originale créée et enregistrée pour le spectacle, et une version plus étoffée, adaptée aux plus grands plateaux, avec les danseuses et les 3 musiciens en live.
La dimension d’improvisation sera préservée dans la petite forme dans la mesure où la bande originale enregistrée sera elle-même improvisée.

Création 2016/17 pour 2 danseuses


Ecriture chorégraphique : Rachel Mateis - Trio acoustique sous la direction de Claude Tchamitchian, Contrebasse, et Régis Huby, Violon, Guillaume Roy, Alto - Création vidéo : Do Brunet - Lumières : Jérôme Bertin - Costumes : Aude Desigaux - Avec Sophie Mayeux et Maude Vergnaud

Production


Production JOSEFA avec le soutien de la DRAC Nord-Pas-de-Calais – Picardie et du Conseil régional des Hauts-de-Franc et de la SPEDIDAM..
Coproduction : Ville de Saint-Quentin
Avec l’aide de L’échangeur – CDC Hauts-de-France (dans le cadre de « Studio Libre »), et du CCN de Roubaix.
Avec le soutien et la participation de Comportements sonores.

LA SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées

Photo ©Corinne Marianne Pontoir